L'âge des femmes
L'âge des femmes est un problème. Lorsqu'elles sont jeunes, elles le sont toujours trop pour un employeur, qui voit dans leur jeunesse un risque : absentéïsme, maternité, enfants. Quand elles deviennent des femmes mûres, elles le sont encore trop, ayant perdu leur pouvoir de séduction, leur intérêt. On ne fait plus confiance à celle qui a grossi, à celle qui a l'air fatigué, à celle qui doute d'elle-même après un licenciement, à celle qui se relève à peine d'une maladie, d'un deuil ou d'un divorce. Selon l'observatoire de la santé, il y aurait en France, environ six millions de femmes soignées pour dépression nerveuse.
La viellesse des femmes, en revanche, n'est pas un problème, car on ne les voit plus. On ne veut plus les voir, parce qu'on se fait de la vieillesse chez la femme une image plus négative que lorsqu'il s'agit de l'homme. Le vieil homme est paré de la sagesse et des vertus de l'expérience, la vieille dame n'est plus cette jeunesse sur laquelle tout le monde se retournait.
La population française est vieillissante. Lors de la dernière canicule, de trop nombreuses vieilles dames oubliées sont mortes chez elles dans l'indifférence générale. Il existe de plus en plus de foyers monoparentaux qui vivent en dessous du minimum nécessaire à une existence décente. Mais aussi, de nombreuses femmes en couple font vivre par leur travail leur famille.
Afin d'aider les femmes dont la vie est souvent difficile, je propose de réfléchir sur la redistribution sociale à partir d'une étude de la situation réelle des foyers (coût spécifique lié à une situation particulière, isolement, maladie, handicap..), étude faite par des cellules de veille proches des échelons déconcentrés et dotées d'un pouvoir de proposition au niveau des assemblées. Il faudrait associer au travail des ces cellules des représentants d' associations issues de la société civile. Les résultats de ces travaux devront aussi faire l'objet de publications périodiques.