Les adhésions à 20 euros
"La démocratie participative est souvent caractérisée par sa dimension locale et apparait souvent sous une forme dépolitisée" (tirée de la revue "Sciences Humaines" d'Avril 2008).
Les adhérents à 20 euros, a t-on entendu dans les sections, sont venus uniquement pour voter pour Ségolène Royal. Au delà du constat dont il faudrait en toute rigueur vérifier l'exactitude, une analyse de cet événement s'impose. On peut la faire à la lumière de phénomènes mis en évidence par des sociologues de renom, tel Marcel Gauchet.
L'universalisme de la démocratie conduit les citoyens à s'en prendre au pouvoir institué, au nom de la liberté individuelle.
En raison de l'individualisme, la souveraineté de l'individu a supplanté la souveraineté du collectif.
Il existe une forte défiance vis à vis du personnel politique et en conséquence une abstention importante aux élections.
Les adhérents 20 euros ont pu à un moment, se retrouver parmi les déçus de la gauche et du socialisme en particulier, et être tentés par l'abstention.
Ils ont eu le désir, conscients des dangers que court la démocratie, de s'exprimer tout en conservant leur liberté.
Ils ont pu choisir Ségolène Royal, parce qu'elle s'est opposée aux détenteurs du pouvoir au sein du parti.
Ils ont adhéré du bout des lèvres à un système qu'ils estimaient bloqué, à l'instar de la société française : surreprésentation des hommes blancs, d'âge mûr et d'un bon niveau social dans les instances politiques. Mais, ils ont adhéré aussi à des valeurs portées par la gauche et qu'ils partagent.
Favorables à la démocratie participative et soucieux de peser par leur choix dans l'avenir de leur pays, ils ont manifesté leur refus du clivage entre les compétents (les politiques) et les incompétents (les électeurs).
Leur adhésion est l'expression d'un militantisme protéïforme, qui veut dépasser les querelles partisanes et probablement aussi le clivage droite/gauche.
On peut les situer dans la droite ligne des nouveaux mouvements sociaux inspirés des années 70, des expériences de listes citoyennes présentes aux municipales de 1995, dans la suite des pétitions, grèves et revendications qui ont agité le paysage social ces dernières années.
Ils paraissent les héritiers de ces manifestations, qui montrent une implication des citoyens et qui contredisent l'image d'un peuple apathique, replié sur la sphère privée. Leur combat se veut, comme les expériences de démocratie participative, a-politique.
Je vois dans ces adhésions, une des expressions d'une lame de fond, irrécupérable par les pouvoirs institués, qui pourrait sauver la démocratie en péril. Son histoire continuera certainement à s'écrire et je serai heureuse si notre parti pouvait une nouvelle fois accompagner cette évolution nécessaire.
Bienvenue à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté.
Cordialement
Monique Joubert
Les adhérents à 20 euros, a t-on entendu dans les sections, sont venus uniquement pour voter pour Ségolène Royal. Au delà du constat dont il faudrait en toute rigueur vérifier l'exactitude, une analyse de cet événement s'impose. On peut la faire à la lumière de phénomènes mis en évidence par des sociologues de renom, tel Marcel Gauchet.
L'universalisme de la démocratie conduit les citoyens à s'en prendre au pouvoir institué, au nom de la liberté individuelle.
En raison de l'individualisme, la souveraineté de l'individu a supplanté la souveraineté du collectif.
Il existe une forte défiance vis à vis du personnel politique et en conséquence une abstention importante aux élections.
Les adhérents 20 euros ont pu à un moment, se retrouver parmi les déçus de la gauche et du socialisme en particulier, et être tentés par l'abstention.
Ils ont eu le désir, conscients des dangers que court la démocratie, de s'exprimer tout en conservant leur liberté.
Ils ont pu choisir Ségolène Royal, parce qu'elle s'est opposée aux détenteurs du pouvoir au sein du parti.
Ils ont adhéré du bout des lèvres à un système qu'ils estimaient bloqué, à l'instar de la société française : surreprésentation des hommes blancs, d'âge mûr et d'un bon niveau social dans les instances politiques. Mais, ils ont adhéré aussi à des valeurs portées par la gauche et qu'ils partagent.
Favorables à la démocratie participative et soucieux de peser par leur choix dans l'avenir de leur pays, ils ont manifesté leur refus du clivage entre les compétents (les politiques) et les incompétents (les électeurs).
Leur adhésion est l'expression d'un militantisme protéïforme, qui veut dépasser les querelles partisanes et probablement aussi le clivage droite/gauche.
On peut les situer dans la droite ligne des nouveaux mouvements sociaux inspirés des années 70, des expériences de listes citoyennes présentes aux municipales de 1995, dans la suite des pétitions, grèves et revendications qui ont agité le paysage social ces dernières années.
Ils paraissent les héritiers de ces manifestations, qui montrent une implication des citoyens et qui contredisent l'image d'un peuple apathique, replié sur la sphère privée. Leur combat se veut, comme les expériences de démocratie participative, a-politique.
Je vois dans ces adhésions, une des expressions d'une lame de fond, irrécupérable par les pouvoirs institués, qui pourrait sauver la démocratie en péril. Son histoire continuera certainement à s'écrire et je serai heureuse si notre parti pouvait une nouvelle fois accompagner cette évolution nécessaire.
Bienvenue à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté.
Cordialement
Monique Joubert
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