Monique Joubert
Pour un équilibre humaniste et solidaire, une femme de gauche
Une pétition contre la privatisation de la Poste, en faveur d'un référendum d'intiative populaire sur l'avenir de l'établissement public est
en ligne sur le site de la CGT. Elle a déjà recueilli 84 000 signatures, dont celle de Ségolène Royal, qui appelle aussi à participer à la
manifestation unitaire du 23 septembre.
J'ai signé cette pétition, étant particulièrement attachée aux valeurs du service public, que le personnel de la Poste a défendues contre vents et marées depuis de nombreuses
années.
Il est urgent maintenant de leur apporter un soutien massif et franc.
- La privatisation de la Poste se fera au profit des actionnaires et au mépris des intérêts des populations les plus isolés et les plus fragiles. En effet, la Poste est la seule "banque" qui
accepte des clients à très faible revenus. Il suffit de voir les longues files d'attente au guichet, au moment du versement des prestations sociales. la Poste est le seul établissement français
qui ait un réseau aussi dense de points de contact. Elle contribue ainsi au maintien du lien social et limite les effets négatifs de la concentration urbaine.
- Parce que tous les Français sont concernés par la privatisation de la Poste, il serait digne d'une démocratie qu'un débat public soit lancé sur un sujet aussi grave pour l'avenir
de notre pays.
Quelques chiffres et analyses suite à la conférence de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, qui s'est tenue
le 27 mai à 20h dans les locaux de la Fédération du PS à Créteil.
Selon les statistiques officielles européennes, les Français qui ont un emploi, sont parmi les plus productifs du monde. Un Français produit 73 000 dollars de richesse par an, alors qu'un Anglais
n'en produit que 66 000. Il y a une pression productive trop lourde qui pèse sur les salariés entre 25 et 55 ans, en France. Cela génère du stress et une dégradation des relations
personnelles dans les entreprises.
20 pays européens sur 27 disposent d'un SMIC, similaire au SMIC français. Mais, en France , nous avons 13 % de smicards. Ailleurs, le taux est plus faible : 2 % au Royaume-Uni. Nous avons
autant de smicards qu'en Bulgarie.
Depuis pusieurs années, les gouvernements de droite comme de gauche ont voulu favoriser la création d' emplois peu qualifiés, en abaissant les charges sociales aux abords du SMIC. Cela a eu
pour effet de constituer une trappe à bas salaires.
Les bas salaires sont attractifs pour les investisseurs étrangers : des capitaux étrangers ont choisi notre pays dans les années 1990. Actuellement, face à la concurrence des
pays de l'Est et émergents, les entreprises nous quittent. Le drame de la France est d'avoir toujours trop de bas salaires et de connaître un inquiétant phénomène de
désindustrialisation.
Nous sommes aussi les champions des écarts de salaires : il y a 2,25 points d'écart entre les salaires moyens des cadres et professions intellectuelles supérieures et ceux des ouvriers,
employés, en Europe. En France, l'écart est de 2,56, proche de celui de l'Espagne et de l'Italie. L'écart est de 2,39 au Royaume-Uni.
Enfin, les 35 heures ont été un succès économique et social : création de 350 000 emplois et réalisation de 2 millions d'heures supplémentaires. Ces emplois nouveaux ont contribué
à doper la croissance, ce qui a permis une augmentation du pouvoir d'achat d'environ 2 millions de personnes. En revanche, cela a entraîné un blocage des salaires, qui a pu
mécontenter ensuite environ 15 millions de salariés.
On remarque que N. Sarkozy a annoncé à plusieurs reprises qu'il n'était pas question de modifier la durée hebdomadaire du temps de travail, contrairement à ses promesses
électorales.
A méditer, diffuser et discuter autour de nous.
G. Duval a publié un ouvrage au Seuil : Sommes-nous des paresseux ?
Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo-révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme au pouvoir : de quelle façon ?
Commentaire :
Cela veut dire que tant que nous ne sommes pas au pouvoir, nous voyons les
problèmes. Nous trouvons alors des solutions que nous sommes incapables ou bien que nous n'avons plus la volonté de mettre en oeuvre une fois que nous sommes aux affaires. Comment dépasser
ce constat critique ?
Quelques idées qui ne sont pas forcément très originales et que vous pouvez à loisir critiquer, compléter, modifier, voire même supprimer :
1)Tenir un discours dont nous avons raisonnablement évalué les possibilités de mise en oeuvre. Elaborer de grandes orientations qui soient soumises à une consultation (par internet en
autres) des citoyens. Expliquer de manière claire les choix qui nous semblent les meilleurs.
2) Etre à la fois pragmatique et idéologique. Il existe deux manières de gouverner et deux sources de la loi : selon les usages ou selon les grands principes. Il faudrait tenir ensemble
deux directions différentes : être orienté par de grandes idées généreuses et progressistes, mais aussi trouver des solutions pratiques qui répondent aux besoins des citoyens.
Dans certaines situations dramatiques par exemple, est-il opportun d'attendre qu'on légifère et que le décret d'application sorte. Il faudrait créer des instances de médiation, des comités
éthiques qui aient de véritables pouvoirs décisionnaires au cas par cas. Il faudrait prévoir, bien sûr, des voies de recours.
3) Il faut peut-être aussi pour des questions de société, (droit du travail, négociations dans les entreprises, représentants de salariés, dépendance, fin de vie, maladie, handicap,
formation, transports, homoparentalité etc ..), expérimenter des solutions dans la vie concrète, à partir de solutions dégagées par des instances mixtes comprenant des citoyens concernés,
engagés, instruits des questions qui se posent. On pourrait ensuite adopter la solution trouvée ou bien en cas d'échec s'en remettre à la voie législative ou
réglementaire.
4) Expliquer le bien-fondé de certaines positions qui pourraient déplaire ou heurter les convictions de nos sympathisants et des citoyens en général.
5) Revenir devant les citoyens pour faire le point sur ce qui a été promis et sur ce qui a été réalisé et rendre compte des écarts.
Voici une petite information qui jette un éclairage sur la polémique autour des 35 heures, dont la droite fait le talon d'Achille du parti socialiste.
Pour elle, la mise en place de la réduction du temps de travail prouve évidemment que nous ne sommes pas réalistes, que nous avons une vision étriquée et conservatrice de l'économie. Nous
sommes le mouton noir de la gauche européenne, plus progressiste et plus intelligente que nous.
Il faut, martèle le Président de la République, travailler plus afin de sortir notre pays des difficultés grandissantes qu'il connait.
Soit, mais regardons quelques chiffres de l'INSEE, OIT, Centre d'information sur l'Europe et Eurostat, publiés dans la revue "Sciences humaines" de mai 2008 :
On peut alors comparer les durées légales et les durées réelles de travail dans quelques pays européens et les pays entre eux :
Durée légale en France : 35 h
Durée réelle en France : 35,3 h
Durée légale en Allemagne : 37 h
Durée réelle en Allemagne : 34,9 h
Durée légale au Pays-Bas : 37 h
Durée réelle au Pays-Bas : 30,4 h
Durée légale au Danemark : 37 h
Durée réelle au Danemark : 34,1 h
Durée légale au Royaume-Uni : 48 h au maximum
Durée réelle au Royaume-Uni : 35,5 h
Pour la Roumanie, la Turquie les durées légales et réelles sont supérieures à celles des pays ci-dessus mentionnés ( 40 et 39 heures, 41,5 et 46,5 heures). On constate dans l'ex-Europe à 15
membres, que la durée légale est de 48 heures, alors que la durée réelle est de 35,4 heures, à peine supérieure à celle de la France.
Y-aurait-il un rapport entre durée réelle du travail et niveau de vie, comme le proclame la droite ? Cela ne parait pas du tout évident à la lecture de ces moyennes. Au contraire, dans les pays
qui ont une durée de travail réelle autour de 35 heures, le niveau de vie est meilleur que dans ceux dans lesquels on travaille "plus". Ces travailleurs-là sont loin "de gagner plus".
Comment un simple slogan de campagne pourrait-il devenir une mesure économique efficace, alors que la réalité économique d'un pays est d'une complexité extrême ?
J'ai le plaisir de vous communiquer l'adresse du site Désirs d'avenir sur le département du Val-de-Marne :
www.desirsdavenir94.org
Jean-Louis Bianco sera présent le 27 mai prochain lors d' un débat participatif sur le thème :
Comment lutter contre l'injustice sociale ?
au Centre Marius Sidobre, 26 rue Raspail à Arcueil.
20h30
Au plaisir de vous y rencontrer
M. Joubert
Monique Joubert
51 ans
Professeur de philosophie
conseillère municipale de Champigny sur Marne
Mère de famille
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires